Ce qui m’intéresse dans le texte de Robespierre et la réponse de Verginaud est la manière que « le peuple » est caractérisé. Selon la position que ces deux personnages avaient au sujet de la révolution (le premier était un homme politique, le deuxième un législateur), tous les deux décrirent au peuple d’une manière différente. Sans doute, cette manière est intimement liée au lieu qu’ils mêmes veulent se donner dans les discussions de 1794.
Pour Robespierre, le peuple est un idéal. Il est la consumation de toutes les vertus : « la vertu est naturelle au peuple ». Cette vertu est selon Robespierre, « l’amour de la patrie et de ses lois ». Or, le peuple est l’unité des citoyennes qui forment la République… et en conséquence, tous ceux qui ne sont républicaines sont « des étrangères ou plutôt des ennemis ». Le peuple fonctionne comme un group exclusif et Robespierre, bien sur, se définit comme porte-voix ou représentant de leurs nécessités.
Pour Robespierre, le gouvernement est dehors du peuple et sa fonction est celle de s’immoler à « l’intérêt du peuple ». Le corps politique doit être vertueux pour le bon fonctionnement de la République… mais s’il est corrompu, il y a toujours d’espoir dans le peuple lui-même. Il est évident que Robespierre est en train de critiquer aux représentantes du peuple et leur administration. À partir de cette critique, il aperçoit deux factions qui ne font que désorganiser le gouvernement populaire : les modérés et les ultra-révolutionnaires.
La réponse du Vergniaud, qui se reconnaît selon la critique de Robespierre aux modérés, décrit le peuple d’une manière complètement différente. Son discours et plus symbolique mais explicitement clair. Pour lui, la qualité du peuple est son « énergie » : le peuple est bougé par la liberté du « feu » ; il est effervescent comme « la mer » ; il est capable de faire désastres comme la « tempête ». Le rôle du gouvernement (et des législateurs comme lui-même) est guider le peuple et le contrôler pour prévenir des effets pas désirés. Pour lui, « la convention est le centre autour duquel doivent se rallier tous les citoyens » : c’est-à-dire que la vertu se trouve selon Vergniaud dans le corps politique. Tout à fait contraire à l’idée de Robespierre, c’est le devoir du peuple s’en tenir au gouvernement.
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